Pourquoi passer à la cosmétique bio? mai 2, 2008
Camille vient de rejoindre l’équipe d’Ecolo-Info et animera dès aujourd’hui une nouvelle section sur le blog: une série de “pourquoi ceci ou pourquoi ça” version bio… En fait, l’information grouille sur le net: lorsque l’on est déjà convaincu, on ne recherche pas ce genre d’info et on les lit à peine… mais lorsqu’il s’agit de convaincre autour de soi des bienfaits d’un comportement plus responsable, on a souvent les arguments en tête, mais on ne sait pas forcément s’adapter à son interlocuteur… Lorsque l’on n’y connait rien par contre, il est difficile de trouver, à part sur quelques sites, une information claire et concise… Du coup, Camille a décidé de se lancer dans une série d’articles tout simples en apparence, mais qui se révèleront, j’en suis sûre, utile pour nombre d’entre vous!:-) AS.
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De plus en plus de Français sont convaincus de l’intérêt de la cosmétique bio. Certains vont même jusqu’à fabriquer leurs propres produits. Pour les sceptiques, voici quelques éléments qui vous aideront à faire votre choix, en toute connaissance de cause.
“Cosmétique” est un terme générique qui englobe les produits d’hygiène (gels douche, déodorants, shampooings), de soin (crème visage, lait pour le corps) et le maquillage. Pour faire un produit cosmétique “conventionnel” (c’est-à-dire les produits que l’on trouve en grandes surfaces ou en pharmacies sans le logo Cosmébio), on utilise de l’eau (70 à 90 % de la formule d’une crème), un excipient (substance neutre pour améliorer la texture ; huiles de paraffine issues de l’industrie du pétrole ou huiles de silicones synthétiques), les principes actifs puis des additifs, conservateurs, parfums…
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Il aura fallu quelques années pour que le secteur de la cosmétique bio “explose”, les consommateurs voulant alors retrouver des produits plus naturels, moins de produits chimiques sur leur peau, et une éthique plus forte (respect de l’environnement, pas de tests sur les animaux…) Cependant, de nombreuses marques traditionnelles que l’on retrouve en grande surface ou en pharmacies surfent sur cette vague du naturel en proposant des cosmétiques aux extraits de plantes, fleurs, etc… Mais que l’on ne s’y trompe pas, elles n’ont de naturel que le nom et décrypter la liste des ingrédients (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients - INCI) révèlent parfois des énormités !
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Lorsqu’on n’est pas spécialiste, il existe des labels afin de s’y retrouver dans la jungle des cosmétiques et pour lire la liste INCI. Le plus répandu en France est le label Cosmébio délivré par des organismes certificateurs comme Ecocert ou Qualité France. On trouve également des produits labellisés Nature et Progrès (association de fabricants et consommateurs) et BDIH, un label allemand, sur les produits… allemands. Un label européen est en train de voir le jour pour faciliter la vie des consommateurs.
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Pourquoi préférer la cosmétique bio ?
Parce qu’une fois de plus, votre porte-monnaie et vos actes d’achat vous donnent la parole. Mais aussi parce que c’est…
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Plus écologique
La cosmétique bio répond à la charte Cosmébio très sélective en terme de qualité et de respect de l’environnement : absence de pesticides, d’OGM, d’engrais chimiques… Pour le label Cosmébio, 95% minimum des ingrédients végétaux sont certifiés bio sur le total des ingrédients végétaux et 10% minimum des ingrédients végétaux sont certifiés bio sur le total des ingrédients (y compris l’eau qui ne peut pas être certifiée bio).
Choisir un produit cosmétique bio c’est valoriser un mode de culture propre, tout comme nous le faisons pour notre alimentation.
Non testé sur les animaux
Même si la cosmétique conventionnelle teste de moins en moins ses formules sur les animaux, le doute plane toujours un peu. Les produits labellisés Cosmébio garantissent l’absence de tests sur les animaux. A ce sujet d’ailleurs, voir cette page du site expérimentation animale.
Plus efficace
L’eau qui sert de base à la formule sera dans le cas de la cosmétique bio une eau florale (ou hydrolats ou distillats). On obtient une eau florale par la distillation à la vapeur d’eau de tout ou partie d’une plante aromatique. On a donc déjà un principe actif rien que dans la base même du produit. Les autres ingrédients, principes actifs et excipients, enrichissent cette base pour offrir à la peau une qualité exceptionnelle.
Pus saine
Avouez qu’une formule à base d’eau florale de verveine, d’huile de noisette ou d’huile essentielle de rose semble plus saine que la longue liste des produits synthétiques que l’on peut lire sur les cosmétiques traditionnels…
Le choix du bon sens !
La cosmétique bio utilise des ingrédients connus depuis des années. Les huiles végétales, les huiles essentielles, les extraits de plantes et de fleurs. Les savoirs ancestraux ont été mis de côté par nos sociétés modernes pour pouvoir fabriquer plus au moindre coût.
Finalement, choisir la cosmétique bio c’est faire preuve de bon sens. Qu’en pensez-vous ?
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++Pour Aller plus loin++
- http://www.temponature.com/philosophie.php
- Cosmétiques Bio sur le site mescoursespourlaplanète
- Section Beauté sur le site Féminin Bio
Dans la barre d’outils:

















La cosmétique bio et les produits écologiques pour l’entretien (linge, ménage, vaisselle) sont devenus une évidence : un principe de précaution surtout pour tout contact répété avec la peau ! 2 kg de produits chimiques absorbés au bout d’un an cela fait réfléchir. En plus ce sont des produits sont efficaces, souvent concentrés et la plupart du temps présentés dans des emballages recyclables. A découvrir d’urgence !!
Travaillant dans le domaine des cosmétiques je souhaite apporter des précisions sur cet article:
” on utilise de l’eau (70 à 90 % de la formule d’une crème), un excipient (substance neutre pour améliorer la texture ; huiles de paraffine issues de l’industrie du pétrole ou huiles de silicones synthétiques), les principes actifs puis des additifs, conservateurs, parfums…”
Ceci n’est pas totalement vrai, certes beaucoup de formules contiennent des huiles minérales (mineral oil, polydecene, polyisobutene etc) et quasiment toutes des silicones (c’est ce qui apporte l’essentiel du toucher des crèmes) mais la plupart contiennent aussi des huiles végétales et ce depuis bien avant l’apparition du bio en cosmétique.
Dans une formule minimum 10% des ingrédients totaux sont bio (et pas 10% des ingrédients végétaux) mais seulement dans les produits certifiés “Cosmebio”, les produits certifiés “Cosmeco” n’en contiennent que 5%.
L’eau ne peut pas être certifié Bio mais les eaux florales si. Cela constitue un moyen pratique et économique d’atteindre les fameux 10% de produits bio (c’est rarement pour des raisons d’efficacité en tout cas)
Concernant l’efficacité là par contre je suis totalement en désaccord. Il n’a jamais été prouvé qu’un produit Bio est plus efficace qu’un produit traditionnel. De plus une eau florale ne contient que les ingrédients solubles dans l’eau, or la plupart des composants d’une plante sont hydrophobes (non solubles dans l’eau)
Donc une eau florale sera moins efficace qu’un extrait végétal fait à partir d’un solvant chimique et purifié (mais il n’aura pas de trace de solvant dedans c’est vrai)
Plus saine: pareil je trouve cette affirmation très osée. Un produit naturel n’est pas plus sain qu’un produit chimique, il est juste naturel. Personnellement je préfère me mettre un produit chimique sur la peau plutôt que du curare 100% naturel. La plupart des produits naturels d’un cosmétique apportent d’ailleurs des allergènes qu’un synthétique n’apportent pas (mais qui apportera autre chose comme des impuretés)
C’est une affirmation basée sur des croyances et non sur des faits et qui décrédibilisent le Bio.
De même le dernier chapitre est très partisan. Le grand capitalisme profiteur contre le gentil artisan qui a peine à vivre…
Certes le coût est une donnée importante (comme je le disais plus haut, une eau florale sert aussi à faire baisser les coûts) mais il y a aussi une question de disponibilité (combien de plantes faut-il récolter avant d’avoir assez de matière pour faire des cosmétiques pour tout le monde?) et de pureté (une plante est un ensemble de composants dont certains ne sont pas bons voir même carrément dangereux)
Pour conclure, je pense que pour rester crédible, le bio doit baser son argumentaire sur 2 points: le développement durable et donc la santé à long terme (moins de pesticides dans l’organisme car on les absorbe en respirant, en buvant de l’eau…) et la santé à moyen terme.
Sur ce dernier point je tiens à développer un peu plus.
Les cosmétiques traditionnels ne sont pas dangereux pour l’Homme. L’AFFSSAPS fait très bien sont boulot et dans la très grande majorité les cosmétologues font le leur consciencieusement. Par contre des voix s’élèvent et commencent à poser la question de l’effet cocktail de ce que nous utilisons/mangeons/buvons tous les jours. Pour le moment rien n’est prouvé mais le doute est là et c’est dans ce cas que la cosmétique bio est bon pour la santé.
Sinon à part ces petits points l’article est très clair et très bien fait.
Merci à toutes les 2 pour vos commentaires et précisions.
Mu, tu as raison, peut-être avons-nous été un peu trop « partisan », en mettant toute l’industrie cosmétique «conventionnelle» dans le même sac et en ne faisant guère de différences entre les marques.
Nous avons voulu simplifier au maximum l’info pour donner des arguments simples et rapides à ceux qui souhaitent que la cosmétique bio se développe. En 2006, elle ne représentait que 2,5% du marché de la cosmétique en France, et même si celui-ci est en plein boom, les ventes de cosmétiques bio restent marginales.
Pour le dernier paragraphe, je n’ai jamais dit « Le grand capitalisme profiteur contre le gentil artisan qui a peine à vivre… ». Je constate juste que, comme dans beaucoup de domaines (agriculture, habitat, médecine…), on a mis de côtés des savoirs ancestraux, basés sur le bon sens, et que peu à peu on y revient. Certaines femmes te diront que la cosmétique bio est une mode et qu’elles utilisent pour tous soins de beauté un savon d’Alep et une huile végétale (par exemple).
Ta démonstration est claire et tu as sans doute raison sur certains points. Mais je garde mon point de vue, qui est le même que celui de Laurence : «le principe de précaution ». Car si j’ai décidé de manger bio, je ne vois pas pourquoi je continuerai à me tartiner le visage et le corps avec des produits qui ne sont pas naturels et difficilement biodégradables.
Et merci pour la dernière phrase ;)
Coucou Mu et merci pour tes précisions!
L’objectif de ces articles est de simplifier, et qui simplifie a tendance à grossir le trait et donc à trop simplifier peut être… Tes précisions nous sont donc utiles, et dans un exercice de ce style nous ferrons attention à l’avenir à ne pas trop grossir le trait justement! Mais nous faisons aussi bien confiance à nos lecteurs;-)
Qui plus est, en lisant Camille, je retiens surtout l’idée du “bon sens”, que l’on perçoit à différents égards et à plusieurs niveaux dans les approches écologiques… Un simple retour au bon sens (et pas une régression et un retour au passé, il s’entend!!) permet bien souvent de reconsidérer quelques pratiques et habitudes… ou tout du moins de s’interroger et poser quelques questions:-)
Camille> D’abord moi c’est Monsieur Mu ;-)
Effectivement tu n’as pas dit “grand capitalisme contre…” mais c’est ce que j’ai ressentit (l’habitude d’entendre ce genre de phrase dès qu’on parle de bio sûrement) donc j’ai grossit le trait (1 partout balle au centre)
Tu as bien raison de manger Bio et de te tartiner de Bio. Je trouve pathétique qu’on m’interroge sur l’innocuité des cosmétiques en grillant clope sur clope…
De même méfie toi du principe de précaution, il faut savoir “doser”. Par exemple avec le principe de précaution jamais on n’aurait eu de radiographie…Les scientifiques qui ont travaillés sur ça sont tous morts de cancer et maintenant personne ne pourrait s’en passer.
très intéressant cette discussion
j’ai moi même essayé de répondre à la question posée dans ce billet dans la boutique
http://www.evydemmentbio.com/Les-raisons-d-adopter-la-green-attitude-EVY-vous-informe-LA-BEAUTE-BIO/p/3/2306/0/
Camille bienvenue et merci d’essayer d’expliquer les raisons de passer à la cosmétique bio
j’ai juste relevé dans ce billet ” il existe des labels afin de s’y retrouver dans la jungle des cosmétiques et pour lire la liste INCI.”
malheureusement non il n’existe pas de labels pour déchiffrer la liste inci. C’est vrai que cette liste inci qui pourtant est la seule qui renseigne sur la composition du produit est indéchiffrable pour beaucoup. J’ai essayé également de donner des répères dans la boutique.
Je voudrais dire aussi que oui c’est exact que la cosmétique conventionnelle utilise des huiles végétales mais quand on regarde la liste inci justement , enhaut de cette liste on retrouve malheureusement trop souvent du parafinum liquidum qui sans trop me tromper n’est pas vraiment une huile végétale.
Bonjour,
Vous indiquez qu’on peut se fier à la charte cosmébio concernant les tests sur les animaux.
Extrait de cette charte :
“Descriptif des principales garanties
- Sélections des ingrédients (produits garantis sans OGM, sans matières issues de la pétrochimie, sans parfum ni colorant de synthèse), sélection des procédés de transformation et de fabrication.
- La mise sur le marché des produits cosmétiques se fait dans le respect et pour le bien-être des consommateurs, par une information exhaustive et une transparence sur l’ensemble de la filière jusqu’au produit fini.
- Respect de la vie en général (produits non testés sur les animaux), par des mesures spécifiques dans le cadre du respect de l’environnement (emballages recyclables et non polluants, tri sélectif…)
- Développement durable, commerce équitable. ”
Il ne parle que des produits, non des ingrédients, comme la plupart des chartes d’ailleurs. On ne doit donc pas se fier à ça.
Il est interdit depuis 2004 de tester les produits finis en cosméto, le problème réside dans les ingrédients utilisés pour leur fabrication qui eux sont testés.
La difficulté est effectivement de s’assurer tout au long de la chaine de production et de fabrication que les ingrédients de la formulation n’ont fait l’objet d’aucun test sur les animaux et la difficulté du fabricant est de s’assurer de l’engagement de ses fournisseurs.
evydemmentbio>la parrafinum liquidum est une huile minérale effectivement mais le tout est de savoir ce que l’on compare. En général on trouve cet ingrédient dans le Mass market, ce qui est encore peu le cas du bio.
Concernant la composition je vous recommande ce site:
http://membres.lycos.fr/leflacon/
Bonjour,
Merci pour cette comparaison,
Pour aller plus loin, voici différents dangers ou composants à éviter dans les cosmétiques : http://www.danger-sante.org/category/produits-de-beaute/
Amicalement,
Gael - Communication de Bien et Bio
http://www.bien-et-bio.com/
http://www.bien-et-bio.com/blog
Evydemment bio>la parrafine est en effet utilisé dans certains produits conventionnels mais pas tous et surtout certainement pas au même niveau de prix qu’un produit Bio (mais il y a toujours des exceptions)
Concernant la liste INCI, je ne peux que te conseiller un excellent site:
membres.lycos.fr/leflacon/
Bonjour,
Intéressant cet article et toutes ces précisions!
L’idée de se fabriquer ses propres cosmétiques est de plus en plus répandue ! Au salon planète durable il y a avait 3 livres qui donnaient ce genre de “recette maison”. Est-ce que quelqu’un a déjà essayé ? Je voudrais tenter l’expérience mais je suis encore un peu frileuse …
Bienvenue Camille !
Bonjour Nathalie,
Personnellement, j’ai un peu peur de me lancer dans la cosméto maison, notamment à cause de la fragilité des préparations et des risque de microbes. Il faut être très vigilant et consciencieux !
Si tu veux t’y mettre, je te conseille le site FémininBio.com où il y a des recettes de “pros” de la cosméto bio maison et un forum spécifique pour échanger là-dessus.
http://www.femininbio.com/beaute/recettes-beaute/
http://www.femininbio.com/forum/vos-recettes-de-cosmetiques-bio-maison.html
Bravo pour ton blog, je le visiterai + longuement dès que j’ai un peu de temps mais l’esthétique est très réussie ;)
Même si aujourd’hui de plus en plus d’acteurs du marché conventionnel s’intéressent de près aux cosmétiques bio, acheter des cosmétiques bio, c’est aussi soutenir de petits fabricants réellement soucieux de la protection de la santé et de l’environnement. Ceux-ci n’ont malheureusement pas toujours les moyens de se faire entendre suffisamment, faute de moyens… bravo en tout cas pour l’article !
http://cosmaterra-leblog.typepad.fr/cosmaterra_leblog/